Faire la paix avec le troisième lien

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Aaahhhh….. Le troisième lien… Image: Blanchardb, CC BY 3.0, source

Mettons quelques choses au clair avant de commencer:

  • Je ne suis pas d’accord avec la construction d’un troisième lien à Québec. De nombreuses raisons me poussent à ne pas le vouloir, mais les lister et les argumenter ici serait beaucoup trop long.
  • Visiblement, avec l’élection de la CAQ au gouvernement, la construction d’un troisième lien à l’est semble inévitable. Les développements annoncés aujourd’hui vont dans ce sens.
  • Je suis un résident et payeur de taxes de la Ville de Québec, du Québec et du Canada. Sans dire que le développement de la ville de Lévis m’importe peu, je pense que la région de Québec peut encore se développer de façon importante sur la rive nord du fleuve.

Devant ces quelques constats, je me dis qu’il faudra bien faire la paix avec la question du troisième lien parce que sinon, j’en ai pour un bon bout à chialer dans le vide… J’aimerais ici de vous proposer une façon d’atteindre ce calme intérieur.

Rappelons-le: il se construira un pont à l’est de toute façon, que vous soyez d’accord ou pas, ç’a été inscrit au plan d’infrastructures par les Libéraux. Ce pont reliera la rive nord à l’île d’Orléans. Aucune projection des coûts de ce pont n’a été faite, mais on parle d’un investissement « de plus de 100M$ », avec des estimations précédentes prévoyant 400M$ de dépenses.

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Le pont de l’île d’Orléans Image: Antoine Letarte, CC BY 3.0, source

La MRC de l’île d’Orléans comptait 7086 personnes en 2016. On parle donc d’une infrastructure qui coûtera aux alentours de 50 000$ par habitant desservi. Je suis conscient que des touristes empruntent aussi le pont et créent de l’activité économique, mais quand même, 400M$, c’est beaucoup d’investissement pour générer cette activité.

Alors, si l’on proposait une solution de troisième lien à l’est qui permettrait de faire d’une pierre, deux coups et de remplacer le pont de l’île, le coût marginal du projet pour le relier à l’île d’Orléans serait certainement inférieur à l’investissement nécessaire pour construire le nouveau pont. En plus, ça désengorgerait peut-être le pont de l’île d’Orléans en créant maintenant deux issues (au sud et au nord).

Aussi, un tunnel ou un pont bâti à l’est créera certainement de nombreux emplois dans la région pendant la construction et après pour son entretien. Finalement, ça permettrait aussi peut-être de développer plus densément l’est de la ville de Québec et de réaliser la vision multipôles du développement de la ville.

Au final, comme payeur de taxes, de quel investissement tirerai-je le plus de valeur? Remplacer le pont de l’île d’Orléans ne change pas grand-chose dans ma vie. Un troisième lien à l’est devrait créer une voie de circulation dont je profiterai à l’occasion. Il permettra aussi une modification du développement de la ville de Québec qui influencera à la hausse la valeur de ma propriété, à mon avis, en rendant plus attrayant l’est de la ville.

Bref, tant qu’à construire un troisième lien, aussi bien d’éviter d’en payer un quatrième en même temps. Et aussi bien penser à autre chose parce que je ne suis vraiment pas certain que la CAQ changera d’avis à ce sujet.

Vos réactions?

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La mort pour ça, vraiment?

Ce matin, à force d’écouter des émissions de nouvelles, un lien étrange mais qui me paraît maintenant intéressant me vient entre deux nouvelles. D’abord, en France, la situation est presque catastrophique. Au moment où j’écris ceci, deux prises d’otages sont en cours et déjà presque vingt personnes sont mortes dans les suites de la tuerie dans les bureaux du journal Charlie Hebdo. Parallèlement, mon poste local de nouvelles me rapporte qu’une enquête est ouverte concernant une lettre de menaces de mort envoyée au maire de Lévis. Selon ce que j’ai entendu, un citoyen mécontent des changements de noms de rues dans la ville a envoyé une lettre anonyme contenant des insultes et des menaces.

Si je fais le lien entre ces événements, c’est parce que la source du problème dans les deux cas me paraît plutôt mineure par rapport à l’ampleur des actions qui en ont résulté.

À Lévis, comment une personne peut-elle passer d’un sentiment de mécontentement face à des changements de noms de rues à l’action d’envoyer une lettre de menaces de mort à un élu. Si nos politiciens ne sont pas toujours parfaits, il me semble que menacer leur intégrité physique est tout à fait inacceptable. Mais le faire pour une question aussi banale me « flabbergaste ».

Dans le cas de Charlie Hebdo, on peut supposer que ces événements se produisent parce que le journal s’en est pris plusieurs fois à l’idéologie musulmane en publiant, entre autres, des caricatures du prophète Mahomet. Si je comprends bien, il est interdit de publier l’image du prophète dans cette religion et cela justifierait, dans la tête des personnes qui ont posé ces gestes, de s’en prendre aux personnes et institutions qui les ont fait paraître dans leurs journaux. Ça me semble un peu excessif comme réaction. Si, en tant que membre d’une religion, on peut déplorer le fait que des personnes ne respectent pas les principes de notre foi, comment peut-on penser que cela mérite la mort?

L’action publique et politique pour dénoncer des problèmes est une force fondamentale du progrès social. Quand on est en désaccord avec les actions d’un acteur de la société, on peut utiliser différents moyens pour exprimer ce désaccord et faire changer les choses. Toutes sortes de tribunes sont disponibles pour le faire.

Cependant, menacer de mort ou tuer les personnes qui vont à l’encontre de nos principes ne fait que cristalliser les choses et envenimer le climat. Malheureusement, on peut douter que les meurtres commis en France amèneront une meilleure entente entre l’Occident et les musulmans. Au contraire, dès hier, des journaux ont pris la peine de publier les caricatures de Charlie Hebdo pour souligner l’élargissement du fossé. Le message envoyé est clair : « La liberté de presse est plus importante que vos principes religieux dans notre sphère publique ».

Ne soyons pas guerriers; que ce soit pour faire passer un message politique ou en réaction à des actions barbares, utilisons correctement notre voix et les forums opportuns pour faire avancer la paix et la compréhension.