Troisième lien: en transport, c’est l’écart-type qui tue

Le pont Pierre-Laporte pourrait supporter beaucoup plus de véhicules si la conduite automatique y était obligatoire. Pourquoi pas dans 10 ans? C'est plus probable qu'un tunnel sous l'île d'Orléans. Note, ceci est une image prise pendant le concours Wikipédia prends Québec! Image: Muriel Leclerc, CC-BY-SA 3.0 (source)

Le pont Pierre-Laporte pourrait supporter beaucoup plus de véhicules si la conduite automatique y était obligatoire. Pourquoi pas dans 10 ans? C’est plus probable qu’un tunnel sous l’île d’Orléans. Note, ceci est une image prise pendant le concours Wikipédia prends Québec! Image: Muriel Leclerc, CC-BY-SA 3.0 (source)

Tout le monde à Québec parle du troisième lien ces temps-ci. Hier, Philippe Couillard a signalé qu’il était en faveur d’un troisième lien (routier, j’imagine) entre Québec et Lévis. Je suis fasciné par la discussion actuelle sur cette question et par le fait qu’on pense y investir des milliards de dollars.

Selon ma compréhension des choses, lorsqu’on regarde le transport et qu’on veut l’améliorer, il faut s’intéresser à l’écart-type et non à la moyenne. Et c’est valable dans plusieurs facettes. Pour qu’une solution de transport soit intéressante, il faut qu’elle soit prévisible, que l’écart-type de la mesure importante soit faible. Il faut que je sois capable de prévoir facilement combien ça va me coûter, il faut que je sois capable d’en anticiper le confort et, de façon très importante, il faut que je puisse prévoir le temps requis pour un déplacement.

Tout le monde peut s’arranger avec presque n’importe quel temps de transport. Si je vous dit qu’il vous faudra 1 heure pour vous rendre au travail, vous arrangerez votre horaire en conséquence. Le problème se produit lorsque votre temps de trajet varie entre 45 minutes et 1h30. Comme nous prévoyons généralement pour la moyenne, il est donc possible que vous arriviez une demie-heure en retard. La clé est dans la réduction de l’écart-type, de la variation par rapport à la moyenne. Plus le temps nécessaire pour compléter un déplacement est prévisible, plus vous pouvez organiser votre journée correctement.

À mon avis, un troisième lien entre Québec et Lévis fera baisser le temps moyen de déplacement entre les deux villes pour plusieurs citoyens, pendant un certain temps si on se fie sur les études qui affirment que la création de liens routiers améliore les choses pendant seulement un certain laps de temps. Cependant, il ne changera pas ou peu l’écart-type du temps de transport entre les deux villes qui est inhérent du mode de transport plutôt que de la qualité du réseau. D’autres moyens de transports ont une capacité à réduire l’écart-type de façon importante puisqu’ils ne sont pas soumis aux aléas de la conduite automobile faite par le grand public. Le train ne rencontre pas de trafic; l’autobus à voie réservées ne ralentit pas trop pour regarder les accidents, les voitures à conduite automatisées ne font pas la tête dure quand vient le temps de céder dans une bretelle d’autoroute.

C’est en priorisant des moyens de transports qui réduisent l’écart-type du temps de déplacement que nous pourrons vraiment influencer sur la perception de la qualité de notre réseau de transport dans la ville de Québec. C’est en créant des conditions gagnantes pour que ces moyens soient attractifs que nous pourrons faire une vraie différence. Je suis presque certain que d’obliger la conduite en mode automatique sur le pont Laporte pendant l’heure de pointe doublerait la quantité de voitures qui pourraient s’y engager. À mon avis, il y a plus de chances que nous réussissions à faire cela que de construire un coûteux tunnel sous l’île d’Orléans.

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Radars photo : augmentons les limites de vitesse

Un photo radar en Estonie Crédit photo: Annisi, CC BY-SA 3.0 (source)

Dans les dernières années, plusieurs outils de surveillance avancés de la vitesse automobile ont fait leur apparition. En plus des radars photo dont une nouvelle vague de déploiement a fortement augmenté la présence dans les dernières semaines, les compagnies d’assurances proposent maintenant des rabais aux usagers de la route en fonction de leur respect des limites de vitesse en les surveillant par leur téléphone intelligent.

Personnellement, je ne peux que me réjouir de voir que notre gouvernement prend à cœur la sécurité routière et tente de changer les mentalités en étant coercitif. En effet, la vitesse excessive est un problème sur nos routes et y remédier apportera fort probablement une amélioration encore importante du bilan routier. Malheureusement, la coercition semble être la seule façon d’arriver à cette fin. Rappelons que c’est cette amélioration qui a permis à la SAAQ de réduire notre contribution d’assurance de près de 35 % cette année.

Cependant, une surveillance plus stricte de la vitesse sur la route devrait venir avec une révision des limites de vitesse imposées. En ce moment, le renforcement de la surveillance force les utilisateurs à adopter des vitesses qui ne sont pas conformes à la réalité de la route.

Essayez-le : mettez votre « cruise-control » à la vitesse maximale établie pour chacune des routes que vous empruntez et regardez ce qui se passe. Vous serez fort probablement une nuisance pour les autres usagers.

Deux exemples me viennent en tête pour illustrer le problème. J’utilise régulièrement la côte de Sillery (anciennement la côte de l’Église) et la limite de vitesse à cet endroit est fixée à 30 km/h. J’ai beau vouloir respecter cette limite, je passe pour un extraterrestre ou me fais systématiquement retirer des points dans le logiciel de ma compagnie d’assurance. De la même manière, dans la première vague d’installation des photos radars, une unité mobile a été autorisée à surveiller la route 173 à Beauceville où la limite de vitesse est fixée à 50 km/h. Il me paraît impossible de suivre cette limite de vitesse et je m’y fais toujours dépasser de façon rageuse quand j’y passe et suis la limite.

Mon impression est la suivante : les limites de vitesse de nos routes ont été établies dans un monde où une telle surveillance était impensable et où les voitures et les routes étaient beaucoup moins sécuritaires qu’aujourd’hui. Elles avaient donc été fixées à la baisse pour inciter les automobilistes à rouler à une bonne vitesse pour la route et pour laquelle un dépassement de 15 à 20 % reste une vitesse sécuritaire et acceptée. Par exemple, on fixe la limite sur les autoroutes à 100 km/h pour que les automobilistes visent cette vitesse et on tolère une vitesse inférieure à 120 km/h. C’est d’ailleurs généralement ce qui se produit sur nos routes. Peu de personnes se font arrêter lorsqu’elles roulent à une vitesse qui n’excède pas de 20 % la limite de vitesse.

Maintenant qu’il est possible de surveiller la vitesse presque partout, tout le temps et de façon précise, il est temps de revoir cette norme. Fixons les limites de vitesse de façon ferme, mais augmentons-les. Mettons la limite de vitesse sur l’autoroute à 110 ou 115 km/h ou à 60 km/h sur les boulevards, mais arrêtons tous ceux qui dépassent ces vitesses. Parce qu’au final, en comparant avec la situation avant l’arrivée de cette surveillance, une grande partie des utilisateurs de la route devront passer 20 % plus de temps sur les routes à cause d’une surveillance accrue et injuste par rapport à la réalité du réseau routier. Je n’ai pas l’impression que ce sont ces utilisateurs qui dépassent de 20 % au maximum la limite de vitesse qui sont la cause principale des accidents mortels de la route dus à la vitesse ni ceux qui devraient faire les frais de ces nouveaux moyens de surveillance.

Le Phare de Québec: l’art de jeter son travail aux poubelles

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Complexe_Jules_Dallaire.jpg

Le complexe Jules-Dallaire a été une des premières concrétisations de la densification du secteur du plateau de Sainte-Foy. Image: Iberville, CC BY-SA 4.0 (source)

En décembre 2012, le conseil municipal de Québec adoptait son plan particulier d’urbanisme (PPU) pour le secteur du Plateau de Ste-Foy. Il s’agissait d’un plan clair et ambitieux de développement et de densification d’un secteur de la ville qui est en pleine expansion. Ce plan est ressorti d’une démarche de consultation et de réflexion avec les citoyens et les différents experts du milieu.

À l’époque, on disait déjà que les hauteurs de construction permises étaient très élevées. Plusieurs citoyens du quartier ont fait valoir que l’arrivée de tels buildings allait avoir un impact important sur la vie de quartier. Si on peut mettre de côté cet esprit du « pas dans ma cour », on ne peut tout de même pas nier qu’un PPU permettant des constructions allant jusqu’à 110 mètres de haut n’était pas trop restrictif en termes de développement urbain et de densification.

Voici textuellement une des principales orientations du PPU que vous trouverez à la page 28 du plan, le gras étant de moi:

Faire du plateau centre de Sainte-Foy un lieu vivant où la qualité de vie prédomine […] en concevant les nouveaux aménagements et bâtiments dans le respect de l’échelle humaine et du confort climatique du domaine public.

Le PPU avait déjà réservé à l’espace de construction du Phare la hauteur maximale envisagée (110 mètres), tel qu’on peut le constater sur la figure de la page 34 du document. De plus, un ensemble d’autres endroits permettaient des bâtiments construits en hauteur, avec des limites variées mais inférieures à 92 mètres. Bref, le terrain dédié au Phare avait déjà une place réservée dans laquelle il se démarquerait de 20 mètres au dessus de tout le reste des bâtiments (quoique la hauteur de 110m a déjà été dépassée par la deuxième phase Complexe Jules-Dallaire).

Maintenant, la question fondamentale: pourquoi avoir produit en 2012 un plan particulier d’urbanisme pour ce secteur et s’être félicité de son adoption quand, trois ans plus tard, on allait en jeter tous les principes à la poubelle pour permettre à un promoteur de construire un bâtiment de 235 mètres (deux fois plus haut que la limite permise au PPU)?

Notez bien, je trouve que le projet est intéressant et plutôt beau. Je suis un des premiers partisans de la densification de la ville de Québec, en particulier de ce secteur stratégique. Si la région de la Capitale-Nationale a à se développer dans les prochaines années, ce sera à cet endroit qui fait le lien entre toutes les parties de la ville et, si la densification réussie, ce sera certainement une façon de réduire l’étalement urbain (ou de ne pas l’augmenter).

Il est cependant urgent que l’administration de la Ville et M. Labeaume en premier réalise qu’il est temps de se sortir de la logique de l’urbanisme par l’exception comme elle le fait depuis quelques années (ilôt Irving, rue Cartier, complexe Jules-Dallaire, etc.). Au lieu de regarder chaque projet à l’unité, il faut donner une vision claire et s’y tenir. De cette façon, on s’assure que la vision se réalisera et qu’elle ne sera pas brisée par des constructions déconnectées. De plus, on fixe les règles du jeu pour effacer les risques de favoritisme (pourquoi dire oui à ce projet mais non à d’autres?). Je voterai pour une administration qui mettra ses culottes et proposera cette vision claire.

La mort pour ça, vraiment?

Ce matin, à force d’écouter des émissions de nouvelles, un lien étrange mais qui me paraît maintenant intéressant me vient entre deux nouvelles. D’abord, en France, la situation est presque catastrophique. Au moment où j’écris ceci, deux prises d’otages sont en cours et déjà presque vingt personnes sont mortes dans les suites de la tuerie dans les bureaux du journal Charlie Hebdo. Parallèlement, mon poste local de nouvelles me rapporte qu’une enquête est ouverte concernant une lettre de menaces de mort envoyée au maire de Lévis. Selon ce que j’ai entendu, un citoyen mécontent des changements de noms de rues dans la ville a envoyé une lettre anonyme contenant des insultes et des menaces.

Si je fais le lien entre ces événements, c’est parce que la source du problème dans les deux cas me paraît plutôt mineure par rapport à l’ampleur des actions qui en ont résulté.

À Lévis, comment une personne peut-elle passer d’un sentiment de mécontentement face à des changements de noms de rues à l’action d’envoyer une lettre de menaces de mort à un élu. Si nos politiciens ne sont pas toujours parfaits, il me semble que menacer leur intégrité physique est tout à fait inacceptable. Mais le faire pour une question aussi banale me « flabbergaste ».

Dans le cas de Charlie Hebdo, on peut supposer que ces événements se produisent parce que le journal s’en est pris plusieurs fois à l’idéologie musulmane en publiant, entre autres, des caricatures du prophète Mahomet. Si je comprends bien, il est interdit de publier l’image du prophète dans cette religion et cela justifierait, dans la tête des personnes qui ont posé ces gestes, de s’en prendre aux personnes et institutions qui les ont fait paraître dans leurs journaux. Ça me semble un peu excessif comme réaction. Si, en tant que membre d’une religion, on peut déplorer le fait que des personnes ne respectent pas les principes de notre foi, comment peut-on penser que cela mérite la mort?

L’action publique et politique pour dénoncer des problèmes est une force fondamentale du progrès social. Quand on est en désaccord avec les actions d’un acteur de la société, on peut utiliser différents moyens pour exprimer ce désaccord et faire changer les choses. Toutes sortes de tribunes sont disponibles pour le faire.

Cependant, menacer de mort ou tuer les personnes qui vont à l’encontre de nos principes ne fait que cristalliser les choses et envenimer le climat. Malheureusement, on peut douter que les meurtres commis en France amèneront une meilleure entente entre l’Occident et les musulmans. Au contraire, dès hier, des journaux ont pris la peine de publier les caricatures de Charlie Hebdo pour souligner l’élargissement du fossé. Le message envoyé est clair : « La liberté de presse est plus importante que vos principes religieux dans notre sphère publique ».

Ne soyons pas guerriers; que ce soit pour faire passer un message politique ou en réaction à des actions barbares, utilisons correctement notre voix et les forums opportuns pour faire avancer la paix et la compréhension.

 

Saint-Roch, la police et la mort d’un homme

Depuis quelques jours, la ville de Québec est en ébullition suite à la mort d’un cycliste renversé par une voiture de police dans le quartier Saint-Roch. Cet événement d’une grande tristesse fait ressortir un aspect des médias sociaux que je n’aime pas: la tendance à poser des jugements rapides sur des situations qui méritent éclaircissement et réflexion.

Lorsque de telles situations se produisent, les médias sociaux partent en vrille. « j’pense que c’est assez évident, il s’est fait écrasé pas une mais deux fois!!!! », « j’espère qu’ils vont être congédiés » et autres jugements à l’emporte pièce volent dans tous les sens. Si on ne peut blâmer les gens d’être tristes et choqués, il faudrait quand même être prudent dans les affirmations de ce genre dans les heures qui suivent les événements.

J’espère que l’enquête faite par la Sûreté du Québec sera approfondie, transparente et crédible pour que la lumière soit faite sur les événements. Si c’est le cas, on pourra à ce moment poser un jugement sur ce qui s’est produit. Si les policiers ont mal agi et qu’on peut le démontrer, il faudra qu’ils en subissent les conséquences. Si la mort est accidentelle mais que les agissements des policiers ont nuit au déroulement des soins à prodiguer ou à l’enquête, il faudra aussi que ces agents soient blâmés au niveau professionnel et que les façons de faire soient changées. S’il s’agit d’un accident explicable, il faudra que le tout soit rendu public et qu’une réflexion soit entamée.

J’ai un gros malaise en voyant des gens tenir des pancartes disant « La police vole des vies » en réponse à cet événement. Parce que mon impression générale est plutôt inverse; au jour le jour, la police québécoise sauve des vies et fait respecter la loi. Peut-être que dans ce cas-ci, deux policiers ont causé la mort d’une personne, seul le temps nous permettra d’en juger. Cependant, cette situation n’est pas représentative, il me semble, de l’ensemble du travail des policiers.

J’aurais préféré que la vigile ait un message plus posé, en trois points:

1) La mort d’une personne dans la rue, sous les roues d’une voiture de police est une chose triste qui ne devrait jamais se produire. Compatissons avec tous ceux qui sont touchés par ce décès.

2) Il faut qu’une enquête rigoureuse, indépendante et transparente ait lieu pour expliquer les circonstances de ce décès.

3) Il faut que les policiers reçoivent un traitement conséquent aux conclusions de cette enquête.

Pour moi, une partie de ce qui se produit actuellement autour de cette affaire ressemble à un lynchage. Soyons collectivement plus posés. Laissons la chance à nos institutions de faire leur travail et partageons la tristesse avec ceux qui la vivent. Soyons aussi exigeants envers les personnes chargées de faire la lumière sur cette affaire. Si elles ne livrent pas la marchandise, nous pourrons demander des comptes à tête reposée. Dans tous les cas, souhaitons-nous la paix. Personne ne sortira gagnant en créant plus d’antagonisme entre la police et les citoyens à partir de cet événement.

Le vélo n’est pas une solution

L’urbanisme peut être défini de plusieurs façons. Je retiens cette définition pour les besoins de ce billet: l’urbanisme est l’action d’organiser les espaces urbains et les flux qui s’y retrouvent. La ville de Québec étant un espace urbain, il faut, pour en améliorer la qualité, réfléchir à son organisation et à la gestion de ses flux.

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Une preuve de mon point: entre novembre et avril (6 mois), les infrastructures sont si peu utilisées qu’il est préférables de les laisser pour d’autres usages. Image: Antoine Letarte

Souvent, lorsque je discute de cette question, on me dit que le vélo est un moyen de transport alternatif qui permet de réduire la quantité de voitures dans les rues. Pour moi, le vélo n’est pas un moyen de transport alternatif; du moins, pas à Québec et pas au même niveau que l’autobus (et le transport en commun en général) et le covoiturage.

Québec a deux caractéristiques importantes qui font son charme: elle est située sur un plateau donnant sur le fleuve et elle se couvre de plus de 300 cm de neige en moyenne annuellement. Si ces caractéristiques forment un atout au point de vue touristique, elles sont certainement un problème au niveau du transport.

En paraphrasant le maire Labeaume, je ne connais pas 100 personnes qui rêvent de monter la côte d’Abraham en vélo dans une tempête de neige. En fait, je ne connais pas 20 personnes qui accepteraient de faire du vélo quand il fait moins de 0°C. Certes, quelques irréductibles le font, mais de là à pouvoir généraliser la maxime, il y a une marge.

Au-delà de cela, le vélo est une activité physique assez exigeante qui demande beaucoup de gestion (stationnement, douches à l’arrivée, changement de linge, etc.). Il faut faire beaucoup d’efforts pour se rendre de Val-Bélair au centre-ville, par exemple.

À Québec, avec ces conditions météorologiques et topologiques, il n’est pas raisonnable d’affirmer que le vélo peut constituer une solution de rechange en matière de transport. Ce sera toujours une option marginale par rapport aux autres, adoptée par une poignée d’adeptes quand vient l’hiver. Bien sûr, l’argument n’est pas nécessairement valable à Los Angeles ou à Paris qui n’ont pas les même contraintes.

J’aimerais qu’on arrête de me dire que le vélo est une solution aux problèmes de transport à Québec (et plus généralement au Québec). Ce n’est pas une solution réellement praticable. Les vraies solutions se trouvent dans l’électrification des transports, dans la création de liens efficaces entre les villes et surtout dans la création de vrais réseaux de transports en commun. À Québec, ça passe aussi par une densification du centre-ville et une limitation de l’étalement urbain.

Maintenant, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas fournir des solutions de transport efficaces et sécuritaires pour les cyclistes. Au contraire, il faut qu’ils sentent qu’il peuvent pratiquer leur activité dans des conditions optimales. Cependant, il faut traiter cette solution comme étant marginale et privilégier les vraies solutions quand vient le temps de penser urbanisme. Sur le boulevard René-Lévesque: une vraie voie réservée aux autobus avec un service efficace, ça c’est une solution. Un vélo-boulevard qui retire des voies de circulation, ce n’est pas une solution aux problèmes de déplacements.