Mettre ses culottes pour assurer la qualité du système scolaire québécois

La rentrée aura bientôt lieu au Cégep Limoilou. Image: Pierre-Paul Beaumont, CC BY 2.0

Septembre arrive et la rentrée dans les écoles a généralement pour effet de redémarrer des débats autour des enjeux touchant le système d’éducation québécois. Aujourd’hui, ce sont les restrictions budgétaires dans les commissions scolaires et leurs dommages collatéraux qui font la manchette.

De mon côté, la rentrée est un moment de reconnexion et de rencontre avec les étudiants. Comme enseignant au niveau collégial, la fin août représente un moment de réflexion sur la session qui vient. Chaque année, un constat me revient et me choque. Comment se fait-il que je reçoive dans ma classe de cégep chaque mois d’août des étudiants qui peinent à lire, écrire et compter?

Peut-être ne le croirez-vous pas, mais je peux vous garantir qu’une partie importante de mes étudiants peine dans une ou plusieurs de ces trois sphères essentielles à la poursuite d’études postsecondaires. C’est consternant. J’ai vu des étudiants qui ne connaissaient pas leur table de multiplication. J’ai devant moi des étudiants qui ne savent pas lire des nombres à plus de 4 chiffres. Je corrige des copies d’examen de mathématique dans lesquelles je peine à lire une phrase sans faute, alors qu’il suffit généralement de reformuler les mots déjà écrits dans la question.

Chaque année, je suis ahuri par la faible capacité de mes étudiants dans les habiletés de base que forment la lecture, l’écriture et le calcul. À mon avis, c’est dû à un échec de notre système scolaire. Si poussés dans la direction de la diplomation à tout prix et l’implantation d’une réforme dont peu voulaient, on a oublié que l’essentiel de l’école ce n’était pas d’avoir une nation de diplômés illettrés, mais bien une société de personnes lettrées capables de prendre part à la société de l’information dans laquelle nous vivons.

Devant ce problème, quelle est la solution? Il faut que le ministère de l’Éducation mette ses culottes et délivre des diplômes d’éducation secondaire seulement aux personnes qui ont maîtrisé la lecture, l’écriture et le calcul. Pour ce faire, il faut créer un système scolaire dans lequel ce n’est pas l’âge de l’enfant qui détermine ce qu’il apprend, mais bien le niveau qu’il a atteint. Inutile d’apprendre l’algèbre à un enfant qui n’opère pas bien sûr le nombre, il ne réussira jamais à consolider ce savoir. Pire encore, il ne faut pas le faire passer à autre chose parce qu’il est trop vieux pour être en secondaire 2.

Il faut organiser les classes pour que les étudiants travaillent sur des choses à leur niveau et s’assurer qu’ils maîtrisent ces concepts avant de les faire passer au niveau suivant. Le diplôme d’études secondaires devrait être une garantie que l’étudiant qui le possède sait lire, écrire et compter. Une fois que cela sera assuré, les enseignements de niveau postsecondaire que je ferai auront un sens pour mes étudiants.

Publicités

Le(s) problème(s) dans l’affaire Bolduc

Pour se défendre, Yves Bolduc a dit qu’il ne pouvait pas savoir qu’il y aurait des élections aussi vite et qu’il ne pourrait pas faire le suivi de ses patients. Rappelons que les gouvernements minoritaires durent rarement plus de deux ans au Canada et que son parti est responsable de la chute du gouvernement. Image: l’Assemblée nationale où siègent les députés. Crédit: Assembléetest (CC BY-SA 3.0) (source)

Ces derniers jours, une affaire politique a pris une certaine importance : l’affaire Bolduc. Résumons rapidement l’histoire. Il a été révélé que M. Bolduc a reçu une prime du gouvernement de plus de 200 000$ pour avoir pris en suivi 1500 nouveaux patients alors qu’il siégeait comme député de l’opposition à l’Assemblée nationale.

Lorsqu’on parle de cette histoire, chaque personne semble y voir une problématique différente. Certains sont choqués par la taille importante de la prime que le nouveau ministre de l’Éducation a reçue. D’autres soulèvent le fait que maintenant qu’il a obtenu un nouveau poste de ministre, il lâchera sa pratique et ne fera pas le suivi de ces patients qui devront se trouver un nouveau médecin. On pourrait aussi soulever le fait que même en accordant seulement 30 minutes par année à chacun de ces nouveaux patients, il s’agirait s’ajouter à sa tâche de député de l’opposition et au travail qu’il faisait déjà comme médecin presque 20 nouvelles semaines de travail de 40 heures. Un conflit d’intérêts semble aussi exister puisque le docteur Bolduc, en obtenant cette prime, jouit d’un avantage qu’il avait lui-même mis en place quelque temps avant alors qu’il agissait à titre de ministre de la Santé. Tous ces aspects sont effectivement problématiques et pourraient remplir chacun un billet de ce blogue.

De mon côté, l’aspect qui m’apparaît le plus choquant dans cette histoire est la dévalorisation du travail d’un député qu’apportent ces agissements. En effet, les députés de l’Assemblée nationale reçoivent un salaire enviable pour faire un travail essentiel à la vie démocratique québécoise. Qu’il soit membre de l’opposition ou du gouvernement, le député doit être présent en chambre pour participer aux débats et aux votes. Il doit aussi faire son travail de parlementaire en procédant à la lecture et à la compréhension des différentes mesures sur lesquelles il doit se prononcer. Il doit visiter sa circonscription pour en comprendre les enjeux et en connaître les habitants. Il participe aussi aux activités partisanes de sa formation politique. Bref, je suis plutôt sûr que le travail de député est amplement suffisant pour remplir une semaine.

Quand M. Bolduc prend 1500 nouveaux patients pendant qu’il est renvoyé à l’opposition par les citoyens du Québec par un vote, ça me donne l’impression qu’il ne donne pas beaucoup de valeur à son rôle de député et que la priorité est surtout donnée à faire fleurir sa clientèle dans le domaine médical. Si le Docteur Bolduc préfère pratiquer la médecine plutôt que d’être dans l’opposition, libre à lui de le faire. Cependant, il aurait dû quitter sa chaise au parlement pour la laisser à quelqu’un qui veut réellement la remplir.

Personnellement, je pense que ces actes sont indignes de la fonction de député et j’espère que les électeurs du comté de Jean-Talon y réfléchiront à deux fois avant de réélire le Docteur Bolduc dans sa fonction puisqu’il semble qu’ils ne soient pas la priorité de leur député.

Et vous, quel est votre problème principal dans ce Bolducgate? Partagez le dans les commentaires.

Note: on peut lire Denis Vaugeois, ancien député et ministre péquiste, sur le sujet ici: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/413482/l-affaire-bolduc-et-le-travail-de-depute 

Poing en l’air ou point de chute?

L’arrivée de PKP au PQ dans la dernière campagne électorale était un coup de génie sur papier. Dans les faits, tout le monde semble s’entendre pour dire que c’est une des causes de la défaite du parti. Comment ont-ils pu gaspiller une si belle opportunité?

Rallier PKP à la cause souverainiste (ou du moins le faire sortir du placard), c’était accomplir tellement de choses en même temps. C’était une façon de démontrer la fonctionnalité de la coalition de tous horizons pour la souveraineté. C’était un candidat intéressant pour parler de croissance économique et d’emploi. C’était un autre sujet sur lequel développer à part la charte des valeurs québécoises. C’était une façon de donner une raison de revenir aux souverainistes mous (dit ici sans méchanceté) de droite qui avait probablement quitté le parti pour supporter la CAQ. C’était aussi une occasion de proposer aux Québécois qui en majorité refusent l’idée de la souveraineté ou d’un référendum l’option dite du « bon gouvernement ».

Proposer l’option du « bon gouvernment », c’était la seule stratégie gagnante pour le PQ, dans l’état actuel des choses. Obtenir 4 ans de sursis pour préparer une vraie stratégie pour la souveraineté (son livre blanc), démontrer aux Québécois que le parti Québécois est un meilleur gouvernement que celui du parti Libéral et laisser la chance à la commission Charbonneau d’affaiblir l’adversaire.

À la place, le PQ a fait une activité d’improvisation publique et a lancé PKP dans l’arène sans aucune préparation. Il s’est présenté devant tout le monde, a brandi le poing pour la souveraineté et n’est plus réapparu par la suite, à part pour danser sur le cadavre de madame Marois le soir de la défaite. En plus, en termes d’orateur, PKP n’est pas le plus convaincant. Il aurait gagné à être coaché avant le lancement des élections. On l’a brûlé.

Comment Pauline Marois pouvait-elle parler d’autre chose que de la souveraineté pendant la campagne? Image: Simon Villeneuve, CC BY-SA 3.0 (source)

Comment Pauline Marois pouvait-elle se présenter aux débats des chefs pour dire « qu’il n’y aura pas de référendum tant que les Québécois ne seront pas prêts » quand derrière elle, on brandissait le poing de la guerre? Comment pouvait-elle parler d’économie quand son principal atout sur le sujet était occupé à se défendre sur la souveraineté et elle sur la monnaie et les frontières du futur Québec indépendant?

Pierre-Karl Péladeau était une façon de dire au Québec que le parti Québécois n’hésiterait pas à faire le nécessaire pour améliorer la situation économique du Québec. Qu’ils travailleraient d’arrache-pied pour que les entreprises d’ici puissent se développer pleinement. On l’a plutôt laissé se présenter comme un souverainiste bagarreur, une sorte de souverainisme dont les Québécois ne veulent pas entendre parler aujourd’hui. Chance ratée.

Respecter le drapeau

Le drapeau du Québec flottant à l’Assemblée Nationale. Image: Antoine Letarte, CC BY 3.0 (source)

(Ce billet à été mis à jour après sa publication, voir note dans le texte)

Dans mes étés de jeunesse, mes parents m’ont envoyé dans un camp de vacances dans le Vermont, aux États-Unis. Chaque matin et chaque soir, tous les enfants du camp se réunissaient autour du mât pour hisser et descendre le drapeau américain. Lorsqu’il ne flottait pas, il devait être plié d’une manière particulière. Comme enfant canadien, on me proposait de ne pas toucher au drapeau.

En gros, il existe une culture du respect pour le drapeau chez les Américains qui n’existe pas au Québec et je le déplore. Le fleurdelisé et l’unifolié sont des symboles importants représentant les nations auxquelles nous appartenons (peut importe nos vues sur les questions nationales). Si on choisit de les faire battre le vent chez soi, il faut s’assurer de le faire dans le respect du symbole. En particulier, cela signifie de ne jamais laisser flotter un drapeau usé, décoloré ou sale.

Qu’un individu présente un drapeau brisé est une chose. Qu’une institution publique laisse des drapeaux brisés flotter devant chez elle est à mon avis totalement intolérable. Tous les bâtiments gouvernementaux portent un drapeau et celui-ci devrait toujours être impeccable.

Dernièrement, je passais près de la promenade Samuel-de-Champlain au bord du fleuve et j’ai vu, à l’intersection de la côte de Sillery et du boulevard Champlain, que les trois drapeaux canadien, québécois et municipal étaient très usés. Deux d’entre eux étaient même si effilochés qu’une partie du drapeau manquait. Deux fleurs de lys au drapeau du Québec avaient disparu. Dans un endroit qui est une porte de la ville de Québec, un symbole de la fête du 400e anniversaire sa fondation, un lieu hautement fréquenté par les touristes et les citoyens de la ville, cela me paraît tout simplement gênant [note 1].

Je ne suis pas en train de dire que nous devons faire comme les Américains et retirer chaque jour le drapeau de son mât. Cependant, j’enjoins chaque personne qui possède un drapeau national ou qui est responsable d’une institution où on en retrouve un de s’assurer que ce drapeau soit en bon état et remplacé promptement en cas de bris.

Non seulement un drapeau usé est laid, c’est un signe de non-respect de ce qu’il représente de le laisser flotter lorsqu’il est brisé. Citoyens, aimez votre drapeau!


[Note 1] Suite à la publication de ce billet, j’ai reçu par M. Paul Shoiry, conseiller municipal du district Saint-Louis—Sillery, la confirmation que les drapeaux de la promenade Samuel-de-Champlain avaient été changés. Je le remercie pour son écoute et pour son action. Je souligne par la même occasion que mes quelques interactions avec les politiciens de la ville de Québec, tous partis confondus, ont toujours été très courtoises et positives et ont mené à des actions concrètes. Ainsi, n’hésitez pas à contacter votre conseiller pour lui faire part des choses qui vous tiennent à cœur, il sera fort probablement à l’écoute.

Nationalisons Internet!

Internet est déjà disponible publiquement dans plusieurs endroits. Pourquoi ne pas en faire un service public? Image: Larry D. Moore CC BY-SA 3.0 (source)

Je suis abonné depuis quelques années à un service de téléphonie cellulaire qui me donne droit à un gigaoctet de données transférées par mois pour environ 50 $. Je paie aussi un service internet à domicile qui me coûte aussi 50 $ par mois. Bref, pour être connecté à Internet, je dois payer environ 100 $ par mois. Selon ce site, environ 90 % des Québécois utilisent Internet, dont 79,3 % dans la semaine précédant l’étude (donc probablement au moins une fois par semaine).

D’autre part, encore tout dernièrement au moins, des régions du Québec peinaient à avoir accès à Internet haute-vitesse et à des réseaux cellulaires. Ce problème est un frein au développement économique de ces régions qui auraient tout à gagner de pouvoir compter sur des services permettant le travail à distance et la connexion avec le monde.

En ce moment, quelques groupes commerciaux se séparent la distribution de l’accès à Internet et de la téléphonie cellulaire dont Bell, Telus et Vidéotron. Ils doivent donc bâtir des réseaux de distribution parallèles et garantir le service partout sur le territoire de la province. Cela a un fort coût.

Voici mon idée folle que vous devinez à la lecture de mon titre. Pourquoi le Québec (ou le Canada, puisqu’il a compétence sur les télécommunications) ne nationaliserait-il pas l’accès au réseau Internet à domicile et par mobile et sa distribution? J’y vois plusieurs avantages. D’abord, il serait plus facile d’offrir du service partout en province. En construisant un seul réseau, on diminue les coûts et on peut se permettre de supporter des infrastructures moins utilisées pour « le bien public » (par exemple en Gaspésie). Ensuite, je fais plus confiance au gouvernement pour me donner un accès fiable et non-partisan à Internet. Aussi, on pourrait ainsi donner des avantages commerciaux à des compagnies étrangères pour qu’elles viennent s’installer ici et créer de l’emploi. Un peu comme on le fait avec l’électricité. Les centres de données semblent être un commerce du futur qui est intéressé à notre territoire. En leur offrant les infrastructures d’accès à Internet et l’électricité à taux avantageux, on pourrait en devenir la capitale.

L’accès à Internet est presque une nécessité dans le monde d’aujourd’hui. Bientôt, on paiera toutes les factures et fera toutes les transactions bancaires par Internet. La distribution du courrier et des factures se fera probablement bientôt uniquement par courriel. De plus, toutes nos communications et notre commerce dépendent de la capacité de nos industries à communiquer rapidement par ce moyen. Pourquoi ne pas faire comme avec le réseau électrique et se donner les moyens de réussir dans ce domaine? Pourquoi ne pas posséder collectivement les infrastructures d’accès plutôt que d’être à la remorque de compagnies visant le profit de leurs actionnaires?

Imaginez un Québec (ou un Canada) dans lequel on aurait accès partout à Internet facilement. Imaginez cet espace où les entreprises pourraient innover facilement et s’installer n’importe où sur le territoire. Certes, il y aura des obstacles, mais je pense que le jeu en vaudrait la chandelle.

Autopsie de morts politiques

En 2012, j’écrivais, dans un billet sur un autre blogue à propos de la crise étudiante: « [a]ux étudiants: réclamez une augmentation maximale au niveau de l’inflation […]. Au gouvernement Charest, offrez une augmentation de 8.5% par année pendant 7 ans. » Il s’agissait essentiellement d’une réponse à la proposition déraisonnable du gouvernement d’hausser les frais annuels de scolarité au niveau universitaire de 75% sur cinq ans.

La crise étudiante a créé bien des remous… Image: Antoine Letarte, CC BY 3.0 (source)

En fait, j’étais convaincu que cette proposition bidon était de la plus simple stratégie politique: à l’approche d’élections, on crée un climat de tension sociale en faisant une proposition déraisonnable sur un sujet qui nous tient à cœur; on laisse les choses s’envenimer un peu pour que ça ait l’air sérieux; on règle le tout quelque part entre le statut quo et la position initiale en donnant l’impression à tout le monde qu’ils ont gagné; on remporte l’élection en surfant sur la vague de la victoire politique et sociale (on a fait avancer ses intérêts et on a réglé un problème social).

En plus, cette crise sociale détournait l’attention d’une commission qui avait toutes les chances d’être dommageable pour le parti Libéral. La stratégie était belle, il ne restait qu’à concrétiser en signant l’accord avec les étudiants.

Pourtant, en se basant sur des sondages d’opinion leur disant qu’ils avait le support de la « majorité silencieuse », les Libéraux ont foncé tête baissée et ont tenu position jusqu’à l’élection (qu’ils ont perdue). Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi Charest a sacrifié plusieurs ministres (Beauchamp qui a démissionné, Courchesne qui ne s’est pas représentée et lui-même)  à ce jeu plutôt que de compléter la stratégie nommée plus haut. Cela lui aura coûté le gouvernement.

Étrangement, le parti Québécois ne semble pas avoir appris de cet épisode. Élu minoritaire à cette élection, il se lance dans l’exercice du pouvoir en faisant de l’avance-recule. Il propose aussi une charte des valeurs québécoise assez stricte qui empêcherait les employés de l’État de porter des signes religieux. Cependant, aux dires des autres partis, le projet fait l’unanimité à 95% de son contenu. Après que le débat ait fait rage, pourquoi ne pas s’être assis avec les autres partis pour adopter un projet modifié faisant l’unanimité et celui sur la mort dans la dignité. Fort de ces deux réalisations, ils auraient pu surfer la vague du succès vers la victoire. Étrangement, ils ont aussi fait le pari de la ligne dure et de la majorité silencieuse. Et ce pari n’a pas payé. Le PQ est attrocement battu, les forces sont brisées.

La seule explication que je vois à ces attitudes est le suicide politique. Charest en avait assez de presque 10 ans de pouvoir et devenait trop sûr de lui. Du côté de Marois, peut-être en avait-elle inconsciemment assez de la vie politique. Les deux ont perdu leur poste de Premier ministre.

J’espère que ces deux histoires serviront d’exemple aux futurs gouvernements: la ligne dure ne fonctionne que rarement et il vaut mieux s’asseoir et trouver des compromis, même pour régler les crises qu’on a soit même créées.