La mort pour ça, vraiment?

Ce matin, à force d’écouter des émissions de nouvelles, un lien étrange mais qui me paraît maintenant intéressant me vient entre deux nouvelles. D’abord, en France, la situation est presque catastrophique. Au moment où j’écris ceci, deux prises d’otages sont en cours et déjà presque vingt personnes sont mortes dans les suites de la tuerie dans les bureaux du journal Charlie Hebdo. Parallèlement, mon poste local de nouvelles me rapporte qu’une enquête est ouverte concernant une lettre de menaces de mort envoyée au maire de Lévis. Selon ce que j’ai entendu, un citoyen mécontent des changements de noms de rues dans la ville a envoyé une lettre anonyme contenant des insultes et des menaces.

Si je fais le lien entre ces événements, c’est parce que la source du problème dans les deux cas me paraît plutôt mineure par rapport à l’ampleur des actions qui en ont résulté.

À Lévis, comment une personne peut-elle passer d’un sentiment de mécontentement face à des changements de noms de rues à l’action d’envoyer une lettre de menaces de mort à un élu. Si nos politiciens ne sont pas toujours parfaits, il me semble que menacer leur intégrité physique est tout à fait inacceptable. Mais le faire pour une question aussi banale me « flabbergaste ».

Dans le cas de Charlie Hebdo, on peut supposer que ces événements se produisent parce que le journal s’en est pris plusieurs fois à l’idéologie musulmane en publiant, entre autres, des caricatures du prophète Mahomet. Si je comprends bien, il est interdit de publier l’image du prophète dans cette religion et cela justifierait, dans la tête des personnes qui ont posé ces gestes, de s’en prendre aux personnes et institutions qui les ont fait paraître dans leurs journaux. Ça me semble un peu excessif comme réaction. Si, en tant que membre d’une religion, on peut déplorer le fait que des personnes ne respectent pas les principes de notre foi, comment peut-on penser que cela mérite la mort?

L’action publique et politique pour dénoncer des problèmes est une force fondamentale du progrès social. Quand on est en désaccord avec les actions d’un acteur de la société, on peut utiliser différents moyens pour exprimer ce désaccord et faire changer les choses. Toutes sortes de tribunes sont disponibles pour le faire.

Cependant, menacer de mort ou tuer les personnes qui vont à l’encontre de nos principes ne fait que cristalliser les choses et envenimer le climat. Malheureusement, on peut douter que les meurtres commis en France amèneront une meilleure entente entre l’Occident et les musulmans. Au contraire, dès hier, des journaux ont pris la peine de publier les caricatures de Charlie Hebdo pour souligner l’élargissement du fossé. Le message envoyé est clair : « La liberté de presse est plus importante que vos principes religieux dans notre sphère publique ».

Ne soyons pas guerriers; que ce soit pour faire passer un message politique ou en réaction à des actions barbares, utilisons correctement notre voix et les forums opportuns pour faire avancer la paix et la compréhension.

 

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Supposons que j’accepte l’argument

« Tout le monde doit faire sa part pour atteindre le déficit 0 en 2016. » Je paraphrase ici le discours général du gouvernement Couillard. Image: Asclepias, CC BY-SA 3.0, (source)

Le gouvernement de Philippe Couillard est parti sur le chemin de la guerre et, pour tester ses munitions, il a lancé durant tout l’automne des ballons à gauche et à droite pour mesurer les réactions. Garderies, santé, éducation, publications de vulgarisation scientifique, tout y passe et peut faire les frais de l’austérité. Pour justifier ces coupures, les différents ministres nous servent toujours la même médecine: il faut revenir à l’équilibre budgétaire le plus vite possible, en 2016.

« Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a confirmé que les fonctionnaires devraient faire un effort dans l’intérêt de tous les Québécois. » lit-on sur ici.radio-canada. Supposons que j’accepte cet argument qui nous a été répété ad nauseam depuis cet été. Tout le monde, fonctionnaires et employés de l’État inclus, doit faire un effort pour atteindre le déficit zéro en 2016. Quelles sont les suites de cet argument?

Selon ma compréhension, cela signifie qu’il y aura une période d’austérité d’environ deux ans qui permettra d’atteindre cet objectif ambitieux. En rationalisant les dépenses et en encourageant l’économie, cela devrait permettre de voir le budget s’équilibrer. Mais, que se passera-t-il après? En supposant que les coûts sont contrôlés, que les sont tarifs liés à l’inflation et que le PIB en croissance, en 2017, 2018 et les suivantes, on sera en surplus budgétaires au gouvernement québécois.

Ma question est maintenant la suivante: si le principe d’indexation est valable pour les tarifs des services de l’État et que les employés de l’État acceptent de faire leur part pendant deux ans pour atteindre le déficit zéro, ne devraient-ils pas voir leur salaire lié à l’augmentation du coût de la vie par la suite?

Je rappelle ce que je disais dans un billet précédent: en accordant des augmentations de salaire inférieures à l’inflation, le gouvernement diminue le pouvoir d’achat de ses employés.

Or, qu’a présenté le ministre Coiteux hier? Une proposition de convention collective de cinq ans avec des augmentations de salaire qui seraient de respectivement 0%, 0%, 1%, 1% et 1%. En gros, sachant que l’inflation est contrôlée par la Banque du Canada à l’intérieur d’une fourchette centrée autour de 2%, il s’agit d’un perte de pouvoir d’achat d’environ 7% sur les 5 prochaines années.

Si les Libéraux étaient conséquents, ils auraient fait une vraie proposition aux employés de l’État. Une proposition qui aurait fait appel au sens du devoir des employés en gelant les salaires pour un an ou deux puis une proposition d’indexation du salaire avec léger bonus pour compenser les pertes subies dans les temps difficiles une fois l’objectif du déficit zéro atteint. Ceci étant dit, avec la proposition faite par le front commun des syndicats (4,5% par année pendant les trois prochaines années), il n’est pas impossible que la convention finale ressemble à ce que j’évoque ici.

Pour conclure, je dirai qu’en tant qu’employé de l’État, ce que je déplore c’est l’impression d’absence de bonne foi dans les discussions, d’un côté comme de l’autre. Les syndicats entrent en sachant qu’ils devront faire la grève tandis que le gouvernement ne craindra sûrement pas d’imposer un contrat de travail pour une troisième fois.

Inflation, quand tu nous tiens

Depuis quelques années, les gouvernements ont commencé à implanter dans nos esprits que les prix des services publics devaient suivre l’inflation. Services de garde, électricité, frais de scolarité; la logique est appliquée partout. Soit.

Indice des prix à la consommation dans les années 2000 en France. On calcule généralement l’inflation en déterminant la variation relative de cet indice entre deux années. Image: Pablo001, CC BY-SA 3.0 (source)

J’aimerais faire deux remarques au sujet de cette proposition.

Pour ce faire, j’utiliserai la définition très large suivante pour l’inflation: augmentation relative moyenne du coût des biens et services entre deux années.

Le serpent qui mange sa queue

Remarquons qu’avant d’implanter cette philosophie, le prix des services auxquels elle s’applique était généralement gelé ou faisait l’objet d’augmentations inférieures à l’inflation. Ainsi, dans la moyenne de l’augmentation des coûts des biens et services, ces produits à prix gelé tiraient cette moyenne vers le bas ( en ayant une augmentation de coût de 0%). En ajustant maintenant les prix en suivant l’inflation de l’an passé, ils augmentent l’inflation de cette année en tirant vers le haut. Le coût de la vie sera donc augmenté un petit peu plus l’an prochain puisque l’inflation aura été plus grande cette année.

Une drôlerie mathématique…

Il faut être conséquent

Une période de négociation des conventions collectives des employés de l’État est à nos portes. Si le gouvernement tient le discours que le prix des services publics doit augmenter au rythme de l’inflation, cela signifie que le salaire de ses employés doit augmenter aussi au rythme de l’inflation. Dans le cas contraire, le gouvernement serait en train de dire que la valeur de ses employés va éternellement à la baisse puisque l’augmentation de leur pouvoir d’achat ne suivrait pas la hausse du prix des produits.

Au cours des deux dernières conventions collectives décrétées par le pouvoir public, l’augmentation du salaire des employés a été systématiquement inférieure à l’inflation. Espérons que les bottines des négociateurs suivront les babines des politiciens qui prônent l’indexation….

Saint-Roch, la police et la mort d’un homme

Depuis quelques jours, la ville de Québec est en ébullition suite à la mort d’un cycliste renversé par une voiture de police dans le quartier Saint-Roch. Cet événement d’une grande tristesse fait ressortir un aspect des médias sociaux que je n’aime pas: la tendance à poser des jugements rapides sur des situations qui méritent éclaircissement et réflexion.

Lorsque de telles situations se produisent, les médias sociaux partent en vrille. « j’pense que c’est assez évident, il s’est fait écrasé pas une mais deux fois!!!! », « j’espère qu’ils vont être congédiés » et autres jugements à l’emporte pièce volent dans tous les sens. Si on ne peut blâmer les gens d’être tristes et choqués, il faudrait quand même être prudent dans les affirmations de ce genre dans les heures qui suivent les événements.

J’espère que l’enquête faite par la Sûreté du Québec sera approfondie, transparente et crédible pour que la lumière soit faite sur les événements. Si c’est le cas, on pourra à ce moment poser un jugement sur ce qui s’est produit. Si les policiers ont mal agi et qu’on peut le démontrer, il faudra qu’ils en subissent les conséquences. Si la mort est accidentelle mais que les agissements des policiers ont nuit au déroulement des soins à prodiguer ou à l’enquête, il faudra aussi que ces agents soient blâmés au niveau professionnel et que les façons de faire soient changées. S’il s’agit d’un accident explicable, il faudra que le tout soit rendu public et qu’une réflexion soit entamée.

J’ai un gros malaise en voyant des gens tenir des pancartes disant « La police vole des vies » en réponse à cet événement. Parce que mon impression générale est plutôt inverse; au jour le jour, la police québécoise sauve des vies et fait respecter la loi. Peut-être que dans ce cas-ci, deux policiers ont causé la mort d’une personne, seul le temps nous permettra d’en juger. Cependant, cette situation n’est pas représentative, il me semble, de l’ensemble du travail des policiers.

J’aurais préféré que la vigile ait un message plus posé, en trois points:

1) La mort d’une personne dans la rue, sous les roues d’une voiture de police est une chose triste qui ne devrait jamais se produire. Compatissons avec tous ceux qui sont touchés par ce décès.

2) Il faut qu’une enquête rigoureuse, indépendante et transparente ait lieu pour expliquer les circonstances de ce décès.

3) Il faut que les policiers reçoivent un traitement conséquent aux conclusions de cette enquête.

Pour moi, une partie de ce qui se produit actuellement autour de cette affaire ressemble à un lynchage. Soyons collectivement plus posés. Laissons la chance à nos institutions de faire leur travail et partageons la tristesse avec ceux qui la vivent. Soyons aussi exigeants envers les personnes chargées de faire la lumière sur cette affaire. Si elles ne livrent pas la marchandise, nous pourrons demander des comptes à tête reposée. Dans tous les cas, souhaitons-nous la paix. Personne ne sortira gagnant en créant plus d’antagonisme entre la police et les citoyens à partir de cet événement.

Le vrai « vrai péché » du Dr Bolduc

Je lisais la chronique de Mario Asselin ce matin et je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que le « vrai péché » qu’il identifie n’est pas le bon. Lorsque Yves Bolduc dit qu’il ne voit pas de problème dans le fait que les commissions scolaires québécoises coupent dans l’achat de livres pour leurs bibliothèques pour atteindre les objectifs de coupes budgétaires, il ne pèche pas par excès d’honnêteté en disant tout haut ce que pensent les Québécois moyens. Son péché est de faire une mauvaise analyse des enjeux qui existent dans la société, des économies réelles engendrées par les mesures proposées et des valeurs auxquelles il s’attaque en faisant de telles déclarations.

La chose la plus vraie qui a été dite dans tout ce débat, ce n’est pas non plus celle qui est soulignéepar Mario Asselin dans son second billet sur le sujet. La plus grande vérité est venue de la bouche du premier ministre Couillard lorsqu’il a dit : « Je pense qu’il y a d’autres choix à faire pour les commissions scolaires avant de toucher aux livres ».

Remarquons que les barres bleues sont beaucoup plus petites que les barres rouges qui leur sont associées...
Remarquons que les barres bleues sont beaucoup plus petites que les barres rouges qui leur sont associées…

J’ai regardé le budget de deux commissions scolaires pour répondre à une question qui m’a turlupiné toute la journée hier : quelle est la part du budget des commissions scolaires qui est allouée à l’achat de livres pour leurs bibliothèques. Je ne sais pas si ces deux commissions scolaires sont représentatives de l’ensemble du Québec, mais observons tout de même. À la Commission scolaire des Phares autour de Rimouski, en 2013-2014, 168 407 $ ont été dépensés dans les fournitures et matériel pour les bibliothèques (j’imagine que c’est là qu’on range l’achat de livres). Le budget de cette commission scolaire pour 2013-2014 : 112 494 589 $. Il s’agit donc de 0,15 % du budget annuel de l’organisation. À la Commission scolaire des Découvreurs à Québec, 42 840 $ figurent dans les coûts liés aux bibliothèques, excluant les salaires, sur un budget de 142 548 227 $. 0,03 % de leurs dépenses.

Bref, l’argent alloué à l’achat de matériel, si ces informations sont justes et détaillent effectivement l’achat de livres, est une part si marginale du budget des commissions scolaires que même leur coupe complète ne change absolument rien à l’état général des finances.

Dire qu’il est correct de couper dans l’achat de livres pour les bibliothèques de nos écoles pour éponger un déficit, c’est encourager les commissions scolaires à faire des économies de bout de chandelle dans des domaines qui ont une forte valeur ajoutée. La lecture est un élément essentiel de l’éducation et l’accès facile aux livres est une nécessité pour atteindre l’objectif de faire lire nos jeunes.

M. Bolduc aurait dû être plus intelligent. Il avait le devoir de répondre ce que le premier ministre a été obligé de dire pour venir éteindre le feu. Les organisations doivent chercher à réduire les dépenses, mais se doivent de faire des choix intelligents. Réduire l’accès aux livres n’en est pas un. Cependant, comme le souligne Asselin dans son texte, lier les bibliothèques scolaires aux bibliothèques municipales pour en rendre les services plus efficaces en serait un plutôt pertinent.

Mettre ses culottes pour assurer la qualité du système scolaire québécois

La rentrée aura bientôt lieu au Cégep Limoilou. Image: Pierre-Paul Beaumont, CC BY 2.0

Septembre arrive et la rentrée dans les écoles a généralement pour effet de redémarrer des débats autour des enjeux touchant le système d’éducation québécois. Aujourd’hui, ce sont les restrictions budgétaires dans les commissions scolaires et leurs dommages collatéraux qui font la manchette.

De mon côté, la rentrée est un moment de reconnexion et de rencontre avec les étudiants. Comme enseignant au niveau collégial, la fin août représente un moment de réflexion sur la session qui vient. Chaque année, un constat me revient et me choque. Comment se fait-il que je reçoive dans ma classe de cégep chaque mois d’août des étudiants qui peinent à lire, écrire et compter?

Peut-être ne le croirez-vous pas, mais je peux vous garantir qu’une partie importante de mes étudiants peine dans une ou plusieurs de ces trois sphères essentielles à la poursuite d’études postsecondaires. C’est consternant. J’ai vu des étudiants qui ne connaissaient pas leur table de multiplication. J’ai devant moi des étudiants qui ne savent pas lire des nombres à plus de 4 chiffres. Je corrige des copies d’examen de mathématique dans lesquelles je peine à lire une phrase sans faute, alors qu’il suffit généralement de reformuler les mots déjà écrits dans la question.

Chaque année, je suis ahuri par la faible capacité de mes étudiants dans les habiletés de base que forment la lecture, l’écriture et le calcul. À mon avis, c’est dû à un échec de notre système scolaire. Si poussés dans la direction de la diplomation à tout prix et l’implantation d’une réforme dont peu voulaient, on a oublié que l’essentiel de l’école ce n’était pas d’avoir une nation de diplômés illettrés, mais bien une société de personnes lettrées capables de prendre part à la société de l’information dans laquelle nous vivons.

Devant ce problème, quelle est la solution? Il faut que le ministère de l’Éducation mette ses culottes et délivre des diplômes d’éducation secondaire seulement aux personnes qui ont maîtrisé la lecture, l’écriture et le calcul. Pour ce faire, il faut créer un système scolaire dans lequel ce n’est pas l’âge de l’enfant qui détermine ce qu’il apprend, mais bien le niveau qu’il a atteint. Inutile d’apprendre l’algèbre à un enfant qui n’opère pas bien sûr le nombre, il ne réussira jamais à consolider ce savoir. Pire encore, il ne faut pas le faire passer à autre chose parce qu’il est trop vieux pour être en secondaire 2.

Il faut organiser les classes pour que les étudiants travaillent sur des choses à leur niveau et s’assurer qu’ils maîtrisent ces concepts avant de les faire passer au niveau suivant. Le diplôme d’études secondaires devrait être une garantie que l’étudiant qui le possède sait lire, écrire et compter. Une fois que cela sera assuré, les enseignements de niveau postsecondaire que je ferai auront un sens pour mes étudiants.

Le(s) problème(s) dans l’affaire Bolduc

Pour se défendre, Yves Bolduc a dit qu’il ne pouvait pas savoir qu’il y aurait des élections aussi vite et qu’il ne pourrait pas faire le suivi de ses patients. Rappelons que les gouvernements minoritaires durent rarement plus de deux ans au Canada et que son parti est responsable de la chute du gouvernement. Image: l’Assemblée nationale où siègent les députés. Crédit: Assembléetest (CC BY-SA 3.0) (source)

Ces derniers jours, une affaire politique a pris une certaine importance : l’affaire Bolduc. Résumons rapidement l’histoire. Il a été révélé que M. Bolduc a reçu une prime du gouvernement de plus de 200 000$ pour avoir pris en suivi 1500 nouveaux patients alors qu’il siégeait comme député de l’opposition à l’Assemblée nationale.

Lorsqu’on parle de cette histoire, chaque personne semble y voir une problématique différente. Certains sont choqués par la taille importante de la prime que le nouveau ministre de l’Éducation a reçue. D’autres soulèvent le fait que maintenant qu’il a obtenu un nouveau poste de ministre, il lâchera sa pratique et ne fera pas le suivi de ces patients qui devront se trouver un nouveau médecin. On pourrait aussi soulever le fait que même en accordant seulement 30 minutes par année à chacun de ces nouveaux patients, il s’agirait s’ajouter à sa tâche de député de l’opposition et au travail qu’il faisait déjà comme médecin presque 20 nouvelles semaines de travail de 40 heures. Un conflit d’intérêts semble aussi exister puisque le docteur Bolduc, en obtenant cette prime, jouit d’un avantage qu’il avait lui-même mis en place quelque temps avant alors qu’il agissait à titre de ministre de la Santé. Tous ces aspects sont effectivement problématiques et pourraient remplir chacun un billet de ce blogue.

De mon côté, l’aspect qui m’apparaît le plus choquant dans cette histoire est la dévalorisation du travail d’un député qu’apportent ces agissements. En effet, les députés de l’Assemblée nationale reçoivent un salaire enviable pour faire un travail essentiel à la vie démocratique québécoise. Qu’il soit membre de l’opposition ou du gouvernement, le député doit être présent en chambre pour participer aux débats et aux votes. Il doit aussi faire son travail de parlementaire en procédant à la lecture et à la compréhension des différentes mesures sur lesquelles il doit se prononcer. Il doit visiter sa circonscription pour en comprendre les enjeux et en connaître les habitants. Il participe aussi aux activités partisanes de sa formation politique. Bref, je suis plutôt sûr que le travail de député est amplement suffisant pour remplir une semaine.

Quand M. Bolduc prend 1500 nouveaux patients pendant qu’il est renvoyé à l’opposition par les citoyens du Québec par un vote, ça me donne l’impression qu’il ne donne pas beaucoup de valeur à son rôle de député et que la priorité est surtout donnée à faire fleurir sa clientèle dans le domaine médical. Si le Docteur Bolduc préfère pratiquer la médecine plutôt que d’être dans l’opposition, libre à lui de le faire. Cependant, il aurait dû quitter sa chaise au parlement pour la laisser à quelqu’un qui veut réellement la remplir.

Personnellement, je pense que ces actes sont indignes de la fonction de député et j’espère que les électeurs du comté de Jean-Talon y réfléchiront à deux fois avant de réélire le Docteur Bolduc dans sa fonction puisqu’il semble qu’ils ne soient pas la priorité de leur député.

Et vous, quel est votre problème principal dans ce Bolducgate? Partagez le dans les commentaires.

Note: on peut lire Denis Vaugeois, ancien député et ministre péquiste, sur le sujet ici: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/413482/l-affaire-bolduc-et-le-travail-de-depute