Poing en l’air ou point de chute?

L’arrivée de PKP au PQ dans la dernière campagne électorale était un coup de génie sur papier. Dans les faits, tout le monde semble s’entendre pour dire que c’est une des causes de la défaite du parti. Comment ont-ils pu gaspiller une si belle opportunité?

Rallier PKP à la cause souverainiste (ou du moins le faire sortir du placard), c’était accomplir tellement de choses en même temps. C’était une façon de démontrer la fonctionnalité de la coalition de tous horizons pour la souveraineté. C’était un candidat intéressant pour parler de croissance économique et d’emploi. C’était un autre sujet sur lequel développer à part la charte des valeurs québécoises. C’était une façon de donner une raison de revenir aux souverainistes mous (dit ici sans méchanceté) de droite qui avait probablement quitté le parti pour supporter la CAQ. C’était aussi une occasion de proposer aux Québécois qui en majorité refusent l’idée de la souveraineté ou d’un référendum l’option dite du « bon gouvernement ».

Proposer l’option du « bon gouvernment », c’était la seule stratégie gagnante pour le PQ, dans l’état actuel des choses. Obtenir 4 ans de sursis pour préparer une vraie stratégie pour la souveraineté (son livre blanc), démontrer aux Québécois que le parti Québécois est un meilleur gouvernement que celui du parti Libéral et laisser la chance à la commission Charbonneau d’affaiblir l’adversaire.

À la place, le PQ a fait une activité d’improvisation publique et a lancé PKP dans l’arène sans aucune préparation. Il s’est présenté devant tout le monde, a brandi le poing pour la souveraineté et n’est plus réapparu par la suite, à part pour danser sur le cadavre de madame Marois le soir de la défaite. En plus, en termes d’orateur, PKP n’est pas le plus convaincant. Il aurait gagné à être coaché avant le lancement des élections. On l’a brûlé.

Comment Pauline Marois pouvait-elle parler d’autre chose que de la souveraineté pendant la campagne? Image: Simon Villeneuve, CC BY-SA 3.0 (source)

Comment Pauline Marois pouvait-elle se présenter aux débats des chefs pour dire « qu’il n’y aura pas de référendum tant que les Québécois ne seront pas prêts » quand derrière elle, on brandissait le poing de la guerre? Comment pouvait-elle parler d’économie quand son principal atout sur le sujet était occupé à se défendre sur la souveraineté et elle sur la monnaie et les frontières du futur Québec indépendant?

Pierre-Karl Péladeau était une façon de dire au Québec que le parti Québécois n’hésiterait pas à faire le nécessaire pour améliorer la situation économique du Québec. Qu’ils travailleraient d’arrache-pied pour que les entreprises d’ici puissent se développer pleinement. On l’a plutôt laissé se présenter comme un souverainiste bagarreur, une sorte de souverainisme dont les Québécois ne veulent pas entendre parler aujourd’hui. Chance ratée.

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Une réflexion sur “Poing en l’air ou point de chute?

  1. Tout ce qui est dit ici me semble juste, mais pour ma part, et en tant que souverainiste « molle » de gauche, l’arrivée de PKP a été reçue comme une gifle aux valeurs du PQ. Traditionnellement, le PQ était plus proche des valeurs syndicales et collectives que le Parti Libéral, ce qui en faisait le choix le plus intéressant pour moi entre ces deux options. Accueillir à bras ouverts le propriétaire de Québécor, après l’histoire du Journal de Montréal, ça me semblait comme un volte-face très radical, voire une trahison. De plus, le fait qu’il soit aussi responsable de Sun News, l’équivalent canadien de Fox « News » (les guillemets sont nécessaires) en faisait aussi un candidat impossible à accepter. Je ne sais pas pour combien d’électeurs ces considérations ont joué, mais pour ma part, c’est ce qui m’a poussée à voter pour un autre parti.

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