Nationalisons Internet!

Internet est déjà disponible publiquement dans plusieurs endroits. Pourquoi ne pas en faire un service public? Image: Larry D. Moore CC BY-SA 3.0 (source)

Je suis abonné depuis quelques années à un service de téléphonie cellulaire qui me donne droit à un gigaoctet de données transférées par mois pour environ 50 $. Je paie aussi un service internet à domicile qui me coûte aussi 50 $ par mois. Bref, pour être connecté à Internet, je dois payer environ 100 $ par mois. Selon ce site, environ 90 % des Québécois utilisent Internet, dont 79,3 % dans la semaine précédant l’étude (donc probablement au moins une fois par semaine).

D’autre part, encore tout dernièrement au moins, des régions du Québec peinaient à avoir accès à Internet haute-vitesse et à des réseaux cellulaires. Ce problème est un frein au développement économique de ces régions qui auraient tout à gagner de pouvoir compter sur des services permettant le travail à distance et la connexion avec le monde.

En ce moment, quelques groupes commerciaux se séparent la distribution de l’accès à Internet et de la téléphonie cellulaire dont Bell, Telus et Vidéotron. Ils doivent donc bâtir des réseaux de distribution parallèles et garantir le service partout sur le territoire de la province. Cela a un fort coût.

Voici mon idée folle que vous devinez à la lecture de mon titre. Pourquoi le Québec (ou le Canada, puisqu’il a compétence sur les télécommunications) ne nationaliserait-il pas l’accès au réseau Internet à domicile et par mobile et sa distribution? J’y vois plusieurs avantages. D’abord, il serait plus facile d’offrir du service partout en province. En construisant un seul réseau, on diminue les coûts et on peut se permettre de supporter des infrastructures moins utilisées pour « le bien public » (par exemple en Gaspésie). Ensuite, je fais plus confiance au gouvernement pour me donner un accès fiable et non-partisan à Internet. Aussi, on pourrait ainsi donner des avantages commerciaux à des compagnies étrangères pour qu’elles viennent s’installer ici et créer de l’emploi. Un peu comme on le fait avec l’électricité. Les centres de données semblent être un commerce du futur qui est intéressé à notre territoire. En leur offrant les infrastructures d’accès à Internet et l’électricité à taux avantageux, on pourrait en devenir la capitale.

L’accès à Internet est presque une nécessité dans le monde d’aujourd’hui. Bientôt, on paiera toutes les factures et fera toutes les transactions bancaires par Internet. La distribution du courrier et des factures se fera probablement bientôt uniquement par courriel. De plus, toutes nos communications et notre commerce dépendent de la capacité de nos industries à communiquer rapidement par ce moyen. Pourquoi ne pas faire comme avec le réseau électrique et se donner les moyens de réussir dans ce domaine? Pourquoi ne pas posséder collectivement les infrastructures d’accès plutôt que d’être à la remorque de compagnies visant le profit de leurs actionnaires?

Imaginez un Québec (ou un Canada) dans lequel on aurait accès partout à Internet facilement. Imaginez cet espace où les entreprises pourraient innover facilement et s’installer n’importe où sur le territoire. Certes, il y aura des obstacles, mais je pense que le jeu en vaudrait la chandelle.

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5 réflexions sur “Nationalisons Internet!

  1. Vu l’obsession à l’américaine pour la sécurité que porte notre gouvernement canadien actuel, son défunt projet de loi C-30, et ce que la littérature, l’histoire et l’actualité nous apprennent sur le contrôle de l’information par les gouvernements, je suis vraiment curieux de savoir d’où tu tires ta confiance en eux pour t’offrir un accès internet fiable et non-partisan…

    1. Salut Jérôme,
      Je savais que cette phrase allait faire réagir. En gros le choix que je vois est entre laisser des grandes corporations me vendre l’accès à Internet à un prix qui leur convient ou de nationaliser ce commerce et de le vendre au prix d’un service public. Entre les deux, je préfère la seconde option puisque, au contraire des corporations, j’ai la possibilité d’agir sur le gouvernement pour lui faire corriger ses erreurs.

      Par exemple, plusieurs projets de loi américains visant à réguler Internet (SOPA, PIPA) n’ont pas passé la rampe dû à l’importance de la mobilisation du public et des compagnies. Bref, que ce soit au public ou au privé, des mauvaises décision peuvent être prises. L’avantage, c’est qu’au public, il y a un moyen de contrer ces mauvaises décisions.

  2. Techniquement, Hydro Québec pourrait fournir de l’Internet via son réseau actuel et les prises de courant dans les maisons.
    Certaines villes d’Europe le font déjà.

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